• Paris d'Exil

Hébergement pour tous·tes, quelle que soit leur nationalité

[Communiqué de presse commun]


Les centres d'hébergement dédiés aux réfugiés ukrainiens sont à moitié vides : l'État refuse d'y orienter des personnes sans-abri d'autres nationalités.


Ces dernières semaines, nous sommes témoins d'une forte baisse des arrivées de réfugié·es ukrainien·nes fuyant le conflit. Cela a pour conséquence de libérer de nombreuses places dans les structures d'hébergement ouvertes dans ce cadre. Dans le centre de premier accueil situé à Porte de Versailles à Paris, entre 300 et 500 places sont laissées vacantes chaque nuit. L'État, déjà sollicité à ce sujet, refuse catégoriquement d'y héberger des personnes vulnérables venant d'autres pays. Pourtant, dans le même temps, plusieurs centaines de personnes dorment à la rue. Des familles, femmes enceintes, mineur·es non accompagné·es et hommes isolés qui devraient aussi bénéficier d'une protection adaptée


À cela s'ajoutent plusieurs structures d'hébergement ouvertes elles aussi exclusivement pour les réfugié·es ukrainien·nes à Bercy et Gare de l'est notamment, qui ont déjà été fermées par l'État, dû à la baisse des arrivées. Au contraire, il est indispensable que ces structures soient pérennisées et qu'elles deviennent accessibles aux personnes à la rue quelque soit leur nationalité. Laisser volontairement vacantes des places d'hébergement ou fermer entièrement des structures qui y étaient dédiées est incompréhensible compte tenu de la situation de rue et de précarité de plusieurs centaines de personnes en ile-de-France.


Nous saluons le travail important effectué par les acteur·rices de la solidarité et notamment les associations gérant ces centres d'hébergement. Elles ont permis d'organiser un accueil adapté et de qualité pour les réfugié·es ukrainien·nes. Ce sont par ailleurs des opérateurs qui travaillent avec d'autres publics et sont donc compétents pour organiser un accueil similaire aux personnes d'autres nationalités, et donc de les inclure dans leurs structures d'hébergement. Seul l'État s'y oppose, dans une logique de différence de traitement injustifiée et injustifiable.


Pour que la mise en place d'un accueil digne soit la règle dans notre pays et ne reste pas une mesure d'exception, nous appelons l'État à sortir de cette politique différentialiste. Les dispositifs mis en place pour accueillir les personnes fuyant la guerre en Ukraine démontrent que : "quand on veut, on peut". En conséquences, nous demandons : que les centres d'accueil soient pérennisés et ouverts à toutes et tous de manière inconditionnelle ; que, les places libres qui y sont actuellement disponibles soient immédiatement mises à disposition des personnes vivant à la rue.


Nous organisons à l'initiative de plusieurs associations et collectifs une manifestation au départ de l'Esplanade du 9 novembre 1989 (devant le centre de premier accueil Ukraine), jusqu'à la préfecture de région ile-de-France ce samedi 9 juillet à 14h30.


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