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Expulsion


Le 22 mars 2017 à 9h45

vol air france AF1532 pour Athènes terminal 2F

Ali, 30 ans, est originaire d'Iran. Il a quitté son pays il y a près de 6 mois en raison des menaces qui pesaient sur sa vie. En plus d’être chrétien, il était également engagé en politique contre le gouvernement et risquait une condamnation à mort ou la prison à vie. Il a pris la fuite et a emmené avec lui sa sœur de 17 ans. Lors de leur voyage, ils ont transité par la Grèce. Au vue des conditions d’accueil et du risque d’être renvoyés en Turquie, ils ont voulu partir. Ali s’est procuré de faux documents de demandeur d’asile lui permettant de ne pas être arrêté par la police. Dès que cela a été possible, ils ont repris leur route. Ils sont arrivés en France il y a moins d’un mois. Ils séjournaient au camp de Dunkerque et espéraient rejoindre la Grande-Bretagne afin d’y retrouver des proches et d’y déposer une demande d’asile. Le 13 mars, Ali a été interpellé par la police alors qu’il se trouvait à la gare de Calais. Il a été placé en rétention. La préfecture du Pas-de-Calais, ayant trouvé ses faux documents de demandeur d’asile, les a considérés comme authentique et a pris à son encontre un arrêté de remise aux autorités Grecques (et non un arrêté de transfert dans le cadre du règlement Dublin). Pourtant, ses empreintes n'ont jamais été prises en Grèce, et il n'a jamais déposé de demande d’asile. En prenant un arrêté de remise, la préfecture a contourné le droit et notamment les textes applicables dans le cadre de la procédure Dublin, accélérant ainsi la procédure de renvoi d’Ali. Ce dernier est passé devant le juge des Libertés et de la Détention de Boulogne-sur-Mer, la cour d’appel de Douai et le Tribunal de Lille, tous ont rejetés sont recours. Un vol est programmé aujourd'hui 22 mars 2017 à 9h45 à Roissy afin de le renvoyer en Grèce. En raison des faux documents avec lesquels il a été arrêté, il craint à son arrivé d’être jeté en prison où envoyé en Turquie d’où il pourrait être renvoyé en Iran et condamné à mort. Surtout, il est très inquiet pour sa petite sœur qui est restée seule et qui n’a dès lors plus aucune protection sur le camp de Dunkerque que l’on sait être aux mains des passeurs. - L'iniquité de ces renvois : le Monde Europe / le Figaro / Migreurop - Vidéo Le Monde Europe sur les renvois en Turquie - La situation en Turquie, Amnesty International : Réfugiés et demandeurs d’asile

La Turquie était le pays du monde accueillant le plus grand nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile. D’après les estimations, 3 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile résidaient dans ce pays, dont un très grand nombre d’Afghans et d’Irakiens ainsi que 2,75 millions de Syriens enregistrés, qui avaient obtenu une protection temporaire. En mars, l’UE et la Turquie ont conclu un accord visant à empêcher les migrants en situation irrégulière d’arriver dans l’UE. Faisant fi des nombreuses lacunes en matière de protection constatées en Turquie, il prévoyait le renvoi de réfugiés et de demandeurs d’asile dans ce pays. La frontière entre la Turquie et la Syrie est restée fermée. Malgré quelques améliorations, la majorité des enfants syriens réfugiés n’avaient pas accès à l’éducation, et la plupart des adultes ne pouvaient occuper légalement un emploi. De nombreuses familles de réfugiés vivaient dans des conditions misérables, n’ayant pas la possibilité de subvenir correctement à leurs besoins.

Les forces de sécurité turques ont soumis des Syriens à des retours forcés massifs durant les premiers mois de l’année, et de nombreux cas de renvois forcés illégaux (push-backs) vers la Syrie ont été enregistrés. Il a également été signalé que des gardes-frontières turcs avaient tiré sur des personnes ayant besoin d’une protection, tuant et blessant certaines d’entre elles.”


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